quelles différences entre l'hypnose et la sophrologie

Hypnose, qu’est-ce réellement ?

Qu’est-ce que l’état d’hypnose ? Quelle est la différence entre l’hypnose médicale et de comédie ? Y a-t-il une différence entre hypnose et sophrologie ? Un dossier complet à lire

Tout savoir sur l’hypnose et la sophrologie

l'état hypnotique

L’état hypnotique – classé dans la conscience sophronique – n’est pas un sommeil provoqué ; même si la conscience vigile du sujet subit une modification au cours de l’induction. En hypnose, ce changement de conscience peut être obtenu par :

  • Les suggestions d’une tierce personne, utilisant une voix monocorde
  • Un agent physique excitant (pendule ou dessin hypnotique) un ou plusieurs sens d’une façon douce et monotone
  • ou encore, selon les expériences faites par Charcot à la Salpétrière, par excitation aiguë des sens.

Dans l’état d’hypnose, l’électro-encéphalogramme n’indique pas de modifications visibles par rapport à l’état de veille normale. L’onde alpha (état de veille) subsiste tout au long de l’état hypnotique, bien que légèrement modifiée. En aucun cas on a enregistré, au cours de l’hypnose, l’onde delta spécifique à l’état de sommeil.

La pratique de l’hypnose est aussi vieille que le monde. Elle a été l’objet de nombreuses études, expériences, controverses et a suscité beaucoup d’intérêt dans différents milieux.

Avec Mesmer (1734-1815) on ne parlait d’hypnose mais de magnétisme animal ou de mesmérisme et l’on croyait fermement à un pouvoir personnel.

En 1843, le Docteur James Braid donnait une base psychologique respectable au phénomène de l’hypnose, niant toute puissance personnelle. Il décide de changer le terme « magnétisme » incorrect. Persuadé, à cette époque, qu’il s’agit d’un sommeil incomplet, il nomme cet état particulier de la conscience hypnose ou hypnotisme, issu du terme grec hypnos, démon du sommeil. Quatre ans plus tard il se rend compte de son erreur, veut changer le terme en «monoïdéisme», mais il doit y renoncer, l’hypnose ayant entre-temps gagné ses lettres de noblesse.

Liebault et Berheim créent en 1984 l’Ecole de Nancy. A la suite de nombreuses expériences sérieuses, ils expliquent l’hypnose comme un phénomène exclusivement psychologique.

Durant la même période, le Professeur Charcot, qui dirige l’Ecole de Paris, défend les théories purement matérialistes et l’idée de l’action de la puissance personnelle.

De la lutte entre les deux écoles, celle de Nancy sort victorieuse et ses théories sont encore aujourd’hui admises.

bien être et accomplissement de soi

Avec l’apparition des anesthésiques et de la psychanalyse, l’hypnose tombe rapidement dans l’oubli. Elle revient à la mode lors de la Première Guerre Mondiale. On l’utilise surtout, en Angleterre, pour traiter les traumatismes de guerre, principalement les névroses de guerre avec des résultats spectaculaires. Dès lors, l’intérêt pour l’hypnose ne cesse de s’accroître, notamment dans les pays anglo-saxons.

En 1955, la British Médical Association réhabilite officiellement l’hypnose, qui, depuis, fait partie des études médicales.

En 1958, l’Américain Médical Association inclus l’hypnose officiellement dans la thérapeutique médicale, elle est enseignée dans les cours post graduate.

Il existe aux USA une société très importante, l’Américan Society for Clinical Hypnosis groupant des membres de toutes les spécialités médicales.

Malheureusement, les « hypnotiseurs » de music-hall, de théâtre, les films tels que Belphégor, par exemple, les journaux à sensation, ont discrédité l’hypnose dans le grand public.

Hypnose et sophrologie, quel rapport ?

Il faut distinguer l’hypnose médicale de la comédie, de la magie, si largement répandus. Il faut savoir que la pratique de l’hypnose de spectacle n’est pas sans danger.. Elle peut en effet déclencher des névroses ou des troubles psychosomatiques latents, qui se manifesteront, on ne sait pourquoi, quelque temps après la séance. La « sortie » de l’état d’hypnose doit être correctement gérée, elle doit respecter des données psychologiques précises dont il n’est pas tenu compte lors des spectacles en question.

En médecine, par contre, l’hypnose a fait ses preuves, surtout dans le traitement des maladies psychosomatiques.

quel rapport entre sophrologie et hypnose

Il est difficile de donner une définition satisfaisante du phénomène de l’hypnose.

Il s’agit là d’une définition très récente, mais qui, à notre avis, n’est pas satisfaisante. Comment peut-on exprimer un phénomène dont on ignore l’essence et le mécanisme exacts ?

Dans le dictionnaire américain de psychologie de Werren, l’hypnose est décrite comme un état produit artificiellement, ressemblant généralement (mais pas toujours) au sommeil, mais psychologiquement distinct de lui, caractérisé par une augmentation de la suggestibilité, dont le résultat est la possibilité de provoquer des anomalies sensorielles, motrices et de la mémoire plus facilement que dans l’état de veille normal.

Pierre Daco écrit : « L’hypnose est un sommeil incomplet provoqué par la suggestion hypnotique. Le sommeil hypnotique, n’est pas un sommeil total ; la conscience engourdie, mais non absente, le sujet conserve la possibilité de concentration de l’attention, ses perceptions sensorielles existent. Le tonus des muscles n’est pas complètement absent. C’est d’ailleurs ce qui permet à l’hypnotisé de marcher, de se lever et de garder certaines attitudes qui seraient terriblement fatigantes pour un homme normal. »

La commission de la British Médical Association nous propose la définition suivante :

« L’hypnose est un état passager d’attention modifiée chez le sujet, état qui peut être produit par un autre personnage et dans lequel divers phénomènes peuvent apparaître spontanément, ou en réponse à des stimuli verbaux ou autres. Ces phénomènes comprennent un changement de la conscience et de la mémoire, une susceptibilité accrue à la suggestion et l’apparition chez le sujet de réponses et d’idées qui ne lui sont pas familières dans son état d’esprit naturel. »

« En outre, des phénomènes comme l’anesthésie, la paralysie, la rigidité musculaire et des modifications vasomotrices peuvent être, dans l’état hypnotique, produits ou supprimés. »

Nous pourrions ainsi continuer la liste des définitions proposées par de nombreux auteurs, mais cela ne servirait à rien. Comme le dit si justement Cherlok, « l’hypnose est un phénomène labile insaisissable et pourtant bel et bien existant. » Il faut reconnaître que nous ignorons encore sa vraie nature.

La théorie de Pavlov

Au cours de ses études sur le fonctionnement du cerveau Pavlov s’est trouvé, sans l’avoir cherché, face aux phénomènes de l’hypnose. Il constata que dans certains cas les chiens n’avaient parfois plus que des réactions de retardement ou même plus de réactions du tout, comme si on avait enlevé une partie bien définie du cortex cérébral. Ils salivaient par exemple, mais ne mangeaient plus leur nourriture. Pavlov en conclut a une manifestation d’inhibition, un chemin vers le sommeil. Il obtint même sur des chiens d’expérience cette espèce de sommeil artificiellement provoqué ayant toutes les caractéristiques de l’hypnose.

Intéressé par ces réactions, Pavlov parvint à déclencher chez certains de ces sujets d’expérience un phénomène que l’on associe à tort très souvent à l’hypnose : l’hystérie. En envoyant des signaux lumineux incohérents ou contraires, les animaux tombaient dans de violentes crises nerveuses.

Par le résultat de ces expériences, Pavlov fut amené à penser que « sommeil et hypnose étaient une même chose », l’hypnose étant un sommeil partiel où une partie des hémisphères cérébraux reste vigilante ».

théorie du chien de pavlov

La théorie de Pavlov reste basée sur l’expérience animale. Le phénomène réel d’hypnose ne peut se manifester que sur un être raisonnant et pensant. L’origine de ces manifestations chez l’animal doit être différente de celle des expériences humaines. On ne peut en effet parler de modification de conscience chez l’animal, cette dernière se limitant exclusivement à la veille et au sommeil. Selon Pavlov « l’hypnose est donc un état intermédiaire entre la veille et le sommeil, un sommeil partiel, une inhibition partielle, tant au point de vue topographique qu’au point de vue intensité. » il reste au cortex des « points vigiles permettant, chez l’homme, le rapport entre l’hypnotiseur et l’hypnotisé ».

L’Hypnose comprend trois phases

  1. la phase d’égalisation
  2. la phase paradoxale
  3. la phase ultraparadoxale

Dans la première phase, les réactions à tous les excitants conditionnés, forts ou faibles, sont équivalentes.

Dans la seconde phase, l’excitant fort provoque une réaction faible ou nulle et inversement, l’excitant faible une réaction forte.

Dans la troisième phase une réaction peut être obtenue par un stimulus « négatif », c’est-à-dire par un stimulus auquel les cellules cérébrales ne réagissent pas à l’état de veille normale. C’est ainsi que l’on peut expliquer les phénomènes hypnotiques obtenus dans la phase paradoxale appelée par Pavlov lui-même « phase de suggestion ».

Les défauts de la théorie palvolienne proviennent de trois facteurs essentiels :

Toutes les expériences ont été faites aux animaux, sans tenir compte de la différence entre les signaux chez l’humaine et chez l’animal. Le langage, propre à l’homme, est appelé « deuxième système de signalisation » par l’école pavlovienne.

L’école pavlovienne fait abstraction des couches inconscientes de l’homme, qui ont une importance capitale dans l’affectivité de l’individu et dans la modification de conscience hypnotique.

L’école pavlovienne ne tient pas compte de la relation qui s’établit entre l’hypnotiseur et l’hypnotisé, le transfert. La théorie pavlovienne est exclusivement physiologique et fait abstraction de l’existence même de psychologie. Il s’agit donc d’une théorie purement matérialiste.

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Connaitre Bruno Lallement

Par Bruno Lallement, 

Formateur, écrivain, humaniste et humanitaire
il enseigne les démarches de réalisation personnelle depuis 1987

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