Le pardon : et s’il n’y avait en réalité rien à pardonner ?

Doit-on forcément pardonner ?

On parle beaucoup du pardon dans les démarches spirituelles, de la nécessité de pardonner.

On explique qu’il faut pardonner pour se libérer, pour tourner la page, pour retrouver la paix intérieure.

Mais certaines traditions, comme le bouddhisme, abordent cette question d’une manière très différente.

Et si, dans bien des cas, il n’y avait en réalité… rien à pardonner ?

Sur quelle base pardonner ?

Les êtres humains agissent à partir de leurs perceptions

La plupart du temps, nous pensons que les autres nous blessent volontairement.

Nous imaginons qu’ils nous ont visés, qu’ils ont voulu nous atteindre.

Mais lorsque l’on observe les choses avec un peu plus de lucidité, une réalité apparaît :

les êtres humains agissent presque toujours à partir de leurs propres perceptions, de leurs peurs, de leurs blessures et de leurs conditionnements.

Autrement dit, ils ne réagissent pas vraiment à nous.

Ils réagissent à l’image qu’ils se font de la situation.

Et cette image est presque toujours erronée

Pardonner

L’ignorance gouverne beaucoup de comportements

Pardonner, oui mais ...

Dans l’enseignement bouddhiste, on explique que la plupart des comportements humains sont influencés par trois forces :

  • l’ignorance
  • l’attachement
  • l’aversion

Ces forces déforment notre manière de percevoir la réalité.

Et lorsque la perception est faussée, les actes qui en découlent le sont aussi.

Cela signifie que, bien souvent, les gens ne réalisent même pas réellement ce qu’ils font.

Ils réagissent sous l’effet de leurs émotions, de leurs conditionnements ou de leurs blessures. 

À qui devons-nous pardonner réellement ?

Imaginez une personne sous l’emprise d’une drogue qui modifierait sa perception et vous verrait comme un monstre hideux. Sa frayeur pourrait l’amener à vous attaquer, voir vous tuer.

Sachant cela, auriez-vous quoi que soit à lui pardonner ?

La pratique de la méditation nous aide à nous détacher de nos perceptions et nous permet de réaliser à quel point nous agissons sous leur emprise.

Un homophobe, par exemple, agit certes à partir de sa haine, mais sa haine est gouvernée par une peur viscérale de cette tendance qu’il redoute ou refuse de reconnaître en lui-même.

La psychologie explique que ce phénomène relève souvent d’un mécanisme de projection : l’individu attribue à l’autre ce qu’il ne peut accepter en lui-même et cherche alors à le combattre à l’extérieur avec d’autant plus de violence qu’il le ressent intérieurement comme menaçant.

Et si la paix était plus simple à trouver qu'on ne le croit

Pas besoin de pardonner

Haïr quelqu’un qui agit dans l’ignorance

Un grand maître bouddhiste du VIIIᵉ siècle, Shantideva, faisait une remarque très éclairante.

Il disait que lorsque quelqu’un nous frappe avec un bâton, nous nous mettons en colère contre la personne qui tient le bâton, mais pas contre le bâton lui-même.

Pourtant, expliquait-il, cette personne est elle-même poussée par ses émotions et ses conditionnements.

Elle est, d’une certaine manière, elle aussi « poussée ».

C’est pourquoi certains sages disent :

Se mettre en colère contre quelqu’un qui agit dans l’ignorance revient à se mettre en colère contre un aveugle qui vous bouscule.

Cela ne signifie pas que l’acte est acceptable.

Mais cela change profondément notre manière de voir la situation et l’acte de pardonner ou pas.

Étions-nous vraiment visés ?

Lorsque quelqu’un agit de manière blessante, nous avons tendance à le prendre personnellement et dans ce cas nous n’avons aucune envie de pardonner.

Mais si l’on regarde les choses de plus près, une question apparaît :

cette personne cherchait-elle réellement à nous blesser… ou agissait-elle simplement à partir de sa propre confusion ?

Très souvent, les gens ne nous voient même pas vraiment.

Ils réagissent à leurs peurs, à leurs projections, à leurs croyances, c’est-à-dire à tout ce que nous réveillons en eux.

Ils réagissent à leur propre monde intérieur.

Dans ce cas, étions-nous réellement la cible ?

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La part de nos propres perceptions

Il y a une autre dimension, plus subtile encore.

Dans bien des situations, ce qui nous fait souffrir n’est pas seulement l’acte lui-même, mais l’interprétation que nous en faisons.

Deux personnes peuvent entendre exactement la même parole.

L’une se sentira profondément blessée.

L’autre n’y verra rien de particulier.

Pourquoi ?

Parce que la souffrance ne vient pas uniquement de l’événement, mais aussi du sens que nous lui donnons.

Nos attentes, nos projections et nos interprétations participent souvent à amplifier la situation.

Quand la compréhension apparaît, nul besoin de pardonner

« Pardonner appartient encore au monde du jugement. Quand la compréhension naît et que l’on voit que chacun agit selon ses perceptions, le pardon devient inutile : il n’y a plus rien à pardonner. »

Lorsque cette compréhension devient plus profonde, quelque chose change.

Le ressentiment commence à perdre sa force.

Non pas parce que l’on a décidé de pardonner.

Mais parce que l’on voit la situation autrement.

On réalise que ce qui s’est produit n’était pas forcément une attaque personnelle.

C’était simplement la rencontre entre différentes perceptions, différentes ignorances, différents conditionnements.

À ce moment-là, certains maîtres disent :

Quand la compréhension est complète, le pardon devient inutile.

Devons nous pardonner ?

Comprendre ne signifie pas tout accepter

« Comprendre ne signifie pas tout accepter ;
mais comprendre profondément rend souvent le pardon inutile. »

Attention : comprendre ne veut pas dire tout tolérer.

La sagesse n’est pas naïveté.

On peut parfaitement :

  • comprendre les causes d’un comportement
  • tout en posant des limites claires
  • et en refusant certaines situations.

La compassion pour les êtres n’exclut pas la lucidité face aux actes mais elle nous exempte de l’acte de pardonner.

Peut-être que la vraie liberté est ailleurs

Finalement, la véritable liberté intérieure ne consiste peut-être pas seulement à pardonner.

Elle consiste à voir plus clairement comment fonctionnent les êtres humains.

Lorsque cette lucidité apparaît, quelque chose se détend.

La rancœur n’a plus vraiment de raison de rester.

Et il ne reste parfois ni colère… ni pardon.

Seulement une compréhension plus vaste de la condition humaine.

Faut-il pardonner ?

Pardonner, avec Bruno Lallement

Un article de Bruno Lallement.

Bruno Lallement pratique la méditation depuis son adolescence et l’enseigne depuis près de 40 années. 

Il est auteur de 5 livres à succès

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