Comment surmonter une situation difficile ? | Sagesses Retrouvées avec Bruno Lallement
Une vidéo de Bruno Lallement pour prolonger votre découverte de ses enseignements.
TRAVERSER UNE DIFFICULTÉ · RETROUVER DES APPUIS · APPRENDRE
Le courriel tient en quelques lignes. Votre entreprise annonce le regroupement de deux équipes dans trois mois. Les nouveaux horaires seront précisés plus tard. Vous relisez le message. Sur l’écran, il est question d’organisation ; dans votre esprit défilent déjà les trajets, les engagements pris, l’équilibre de vos journées. La réunion n’a pas encore eu lieu et vous avez l’impression de devoir résoudre toute votre vie avant ce soir.
Cette scène est illustrative, pas le récit d’un élève. Nous la suivrons pour poser une question concrète : comment surmonter une situation difficile quand les informations manquent et que les préoccupations s’accumulent ?
Une difficulté comporte des réalités sur lesquelles agir, des inconnues à éclaircir et une expérience intérieure parfois éprouvante. Ces dimensions se mêlent facilement. Les distinguer permet de chercher des réponses plus justes, avant l’épreuve, pendant qu’elle se déroule et lorsque vient le temps de reprendre pied.
Par Bruno Lallement · Enseignant en méditation et auteur
Comment surmonter une situation difficile : retrouver des prises concrètes
Commencez par ce qui demande réellement votre attention : une protection, une information, une démarche ou un soutien. Distinguez les faits connus de ce que vous anticipez, puis choisissez une action à votre mesure. Vous pouvez préparer des appuis avant les difficultés et reprendre progressivement après. La méditation propose un apprentissage de l’attention ; les démarches pratiques, l’aide de vos proches et les soins éventuels gardent toute leur place.
Une annonce peut bouleverser bien plus qu’un agenda
Dans notre exemple, les horaires touchent à toute une organisation patiemment construite. Vous savez combien de temps demande un trajet, à quel moment vous êtes disponible, ce que votre entourage peut attendre de vous. Une annonce encore imprécise suffit à rendre cet équilibre incertain. Votre réaction mérite d’être comprise à partir de ces enjeux réels.
Qu’est-ce qui se trouve fragilisé ou rendu incertain : du temps, des ressources, une relation, un sentiment de stabilité ? Si le changement risque d’allonger vos trajets, il faut connaître le lieu et les horaires envisagés. Si vous redoutez de ne pas être entendu, préparer la discussion devient un autre appui.
Le mot « surmonter » peut pourtant vous mettre sous pression. Vous voudriez rester solide, trouver vite la bonne attitude, ne déranger personne. À la difficulté initiale s’ajoute alors l’exigence de bien la traverser. Vous pouvez reconnaître que cette période vous coûte, sans faire de votre réaction un jugement sur votre valeur.
Vous n’êtes pas responsable de tout ce qui vous arrive. Votre marge de réponse dépend aussi des conditions, des informations disponibles et des personnes qui peuvent agir avec vous. Chercher cette marge demande parfois de commencer par une question très simple : « De quoi ai-je besoin pour comprendre la prochaine étape ? »
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Prenez un temps pour méditer, écouter les enseignements de Bruno Lallement et explorer les appuis que cette démarche peut ouvrir dans votre vie.
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Avant les difficultés, préparer des appuis plutôt que tous les scénarios
Anticiper peut prendre deux directions. Vous pouvez multiplier les histoires de ce qui pourrait arriver ; vous pouvez aussi rendre vos appuis plus accessibles. La seconde démarche porte sur des choses identifiables : retrouver un document, connaître un interlocuteur, savoir à qui demander un relais, préserver un moment pour examiner une décision.
Dans une période encore stable, cela peut consister à classer les informations utiles à votre travail, à connaître les personnes qui répondent aux questions d’organisation, à parler avec votre entourage des contraintes qui comptent pour chacun. Vous n’avez pas besoin de prévoir cette réorganisation précise pour disposer de quelques repères lorsqu’elle sera annoncée.
Vous pouvez aussi regarder votre manière de réagir. Quand une préoccupation apparaît, avez-vous tendance à garder le silence, à tout vérifier, à répondre dans la précipitation ? Le remarquer dans une journée ordinaire vous aide à repérer le moment où une pause ou une discussion vous serait utile.
Cette préparation reste modeste. Personne ne constitue une réserve de sérénité qui couvrirait toutes les épreuves. Si vous traversez déjà une difficulté, vous pouvez préparer l’étape qui vient : les questions pour la réunion, les documents à réunir, la personne à appeler ensuite. Un appui se construit aussi en cours de route.
Pendant l’épreuve, rendre à chaque question sa juste place
Revenons au courriel. Le regroupement des équipes est annoncé. Les horaires ne sont pas connus. « Je vais forcément finir plus tard » est une anticipation. Elle peut être plausible et mérite une question ; elle ne possède pas encore le même statut que l’annonce écrite. « Toute mon organisation va s’effondrer » rassemble déjà plusieurs conséquences possibles en une seule conclusion.

Reprendre les informations disponibles peut aider à formuler les questions qui restent ouvertes.
Préciser cette différence ne revient pas à vous rassurer artificiellement. Il se peut que la suite soit contraignante. Mais pour en discuter, vous avez besoin de savoir ce qui est décidé, ce qui reste envisagé et ce que vous souhaitez défendre. Demander une précision écrite peut vous apporter davantage qu’une nouvelle heure passée à reconstituer des intentions.
Vous pouvez ensuite distinguer l’urgent du préoccupant. Faut-il répondre aujourd’hui ? Existe-t-il une échéance réelle ? Quelle question peut attendre la réunion ? Une inquiétude très présente n’exige pas toujours une action immédiate. Inversement, une démarche discrète et peu émouvante peut avoir un délai qu’il est utile de noter.
Choisissez alors un point : demander le calendrier, écrire vos contraintes concrètes, prendre un rendez-vous avec l’interlocuteur compétent. Gardez la trace des réponses. Lorsque des droits, des ressources ou votre sécurité sont en jeu, recherchez les conseils et les protections adaptés. Un travail intérieur ne peut pas accomplir ces démarches à votre place.
L’aide devient plus accessible quand la demande prend une forme précise
Vous pouvez avoir besoin de parler sans chercher immédiatement une solution. Vous pouvez aussi souhaiter que quelqu’un relise un message ou vous aide à préparer une conversation. Dans notre exemple : « Pourriez-vous regarder les trois questions que je souhaite poser à la réunion ? » donne à votre proche une manière concrète de vous rejoindre.
La précision respecte également les possibilités de l’autre. Il pourra vous écouter ce soir, mais pas résoudre les contraintes d’horaires. Un collègue peut éclaircir le dossier ; un proche vous offrir un autre espace pour parler. Plusieurs appuis répondent à différentes parts de la situation.

Les appuis prennent aussi la forme d’une aide concrète et d’un échange autour d’une tâche.
Le guide de l’Organisation mondiale de la Santé sur le stress associe le soutien des personnes à l’action sur les causes de l’adversité. Il propose aussi de petites actions en accord avec ce qui compte pour elles, sans exiger la disparition préalable de la peur ou de la tristesse. Cette articulation garde les réalités extérieures dans le champ de l’attention.
L’Assurance Maladie présente différents interlocuteurs : proches pour l’écoute, services sociaux pour certaines démarches, professionnels de santé pour la souffrance psychique. Si votre mal-être gêne vos activités, vos relations ou votre travail, vous pouvez en parler à votre médecin ou à un psychologue. Vous n’avez pas à établir vous-même un diagnostic pour demander de l’aide.
Un exercice facultatif : trois à cinq minutes pour dégager un prochain pas
Si cela vous convient, prenez une feuille et choisissez une question assez circonscrite pour être regardée maintenant. Vous pouvez garder les yeux ouverts et laisser votre souffle naturel. Il n’y a aucun rythme respiratoire à réussir. Vous pouvez interrompre l’exercice ou demander à quelqu’un de le faire avec vous.
Ce qui est sûr
Notez deux ou trois éléments vérifiables. Dans notre exemple : « Deux équipes seront regroupées dans trois mois. Une réunion est prévue. Les horaires ne sont pas encore communiqués. » Écrivez aussi une échéance connue, s’il y en a une.
Ce que je me raconte
Inscrivez une anticipation qui occupe votre esprit : « Je vais finir trop tard et ne plus pouvoir tenir mes engagements. » L’expression désigne ici ce que vous imaginez. Elle ne signifie pas que vous mentez ou que votre inquiétude serait sans raison. Soulignez ce qui demande une vérification.
L’appui ou l’action utile
Choisissez une suite limitée : demander quels horaires sont envisagés, préparer vos contraintes pour la réunion, solliciter une relecture. Précisez à qui vous adresser et quand. Vous pouvez aussi constater qu’un temps de repos est nécessaire avant de poursuivre.
Relisez sans chercher à supprimer la colonne des inquiétudes. Regardez simplement si une question est devenue plus nette. Le résultat utile peut tenir en une phrase que vous pourrez adresser à quelqu’un. Gardez la feuille pour y ajouter la réponse réelle ; vous éviterez ainsi de devoir tout reprendre de mémoire à chaque nouvelle préoccupation.
La méditation : apprendre à reconnaître le moment où vous êtes emporté
Les questions pour la réunion sont prêtes. Pourtant, vous ouvrez encore le courriel, puis vous rejouez une conversation qui n’a pas eu lieu. Vous connaissez le prochain pas ; votre attention retourne vers l’incertitude. Voilà une difficulté que la compréhension seule ne règle pas toujours : retrouver dans l’instant les repères que vous aviez identifiés.

Un temps de pratique permet d’explorer l’attention, sans faire du calme une obligation.
Dans l’enseignement que je propose, vous apprenez progressivement à poser votre attention, à remarquer son mouvement et à revenir. Vous observez aussi votre manière de vous accompagner : vous critiquez-vous dès qu’une pensée revient ? Vous pressez-vous de retrouver le calme ? Ces observations rendent plus précise votre connaissance de ce que vous vivez.
Au quotidien, la question devient concrète : êtes-vous encore en train de préparer la réunion ou déjà en train de la vivre plusieurs fois en imagination ? Reconnaître ce déplacement vous invite à choisir la suite : reprendre votre note, fermer le message pour un temps, revenir à l’activité en cours. Le problème d’horaires devra toujours être discuté.
Le NCCIH décrit des bénéfices possibles de certaines pratiques de méditation, avec des résultats variables et une sécurité encore incomplètement étudiée. Des expériences désagréables peuvent survenir. Ces travaux ne démontrent pas une efficacité clinique du Programme Équilibre. La pratique ne doit pas remplacer les soins ni retarder une consultation. Si elle accentue votre détresse, interrompez-la et recherchez un accompagnement adapté.
Le guide stress et anxiété approfondit la place de l’anticipation. Ici, l’apprentissage de l’attention reste relié aux réponses concrètes dont votre situation a besoin.
Après une étape éprouvante, la reprise a son propre rythme
La réunion a eu lieu. Vous disposez d’informations, certains ajustements ont été discutés, d’autres restent à faire. Une partie de l’incertitude s’est levée. Vous pouvez pourtant demeurer fatigué ou préoccupé. La fin d’une étape administrative et le sentiment de retrouver votre équilibre ne coïncident pas nécessairement.
Regardez ce qui reste concrètement à reprendre : une démarche, un rythme de journées, une conversation laissée en attente. Vous n’êtes pas obligé de tout rétablir ensemble. Si un proche vous a aidé, vous pouvez lui dire où vous en êtes et ce qui vous serait encore utile. La présence des autres ne devient pas superflue dès que la question principale est réglée.
Plus tard, si vous le souhaitez, vous pourrez revenir sur les appuis qui ont compté. Avez-vous pu poser une question que vous gardiez pour vous ? Quelle information vous a manqué ? Qu’aimeriez-vous rendre plus accessible à l’avenir ? Ce regard peut préparer la suite, à condition de respecter le temps dont vous avez besoin.
Reconnaître les appuis qui ont compté peut aussi prendre la forme d’un merci adressé à une personne. L’article sur la gratitude envers les autres explore cette reconnaissance, tout en respectant ce qui reste difficile et le rythme de chacun.
Vous n’avez aucune obligation de transformer cette période en leçon, en chance ou en preuve de force. Certaines conséquences demandent simplement du temps, de l’aide et des réponses adaptées. Vous pouvez aussi retrouver des moments ordinaires sans avoir trouvé un sens à tout ce qui s’est passé.
Donner une continuité à ce que vous commencez à découvrir
Un article peut rendre une question visible. Un apprentissage suivi permet de la retrouver avant une conversation, pendant une attente ou dans une journée chargée. Vous pouvez examiner ce qui vous aide et les moments où vous perdez vos repères.
J’ai organisé le Programme Équilibre en 31 leçons réparties sur trois niveaux, avec des textes, des audios et des exercices enregistrés. Cette progression relie compréhension, pratique et intégration dans la vie quotidienne. Vous pouvez reprendre les supports, explorer les indications et observer comment vous les comprenez à travers votre propre expérience.
Les stages offrent un autre cadre pour approfondir la pratique en présence. Votre choix dépend de votre disponibilité, de votre envie et des conditions de participation. Vous pouvez prendre connaissance des deux propositions et voir laquelle aurait une place réaliste dans votre vie.
Le Programme Équilibre, à suivre chez vous
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Les stages de méditation, pour pratiquer en présence
Consultez les dates et les conditions. Certaines sessions sont ouvertes au public, d’autres réservées aux personnes qui suivent le Programme Équilibre.
Le Programme Initiation propose une première approche. Prenez le temps de découvrir l’enseignement et de choisir votre manière de poursuivre.
Vos questions pour traverser une situation difficile
Par quoi commencer quand tout semble urgent ?
Repérez une échéance réelle, une information manquante et la personne à qui vous adresser. Dans l’exemple de la réorganisation, demander le calendrier peut constituer un premier pas. Vous pourrez ensuite examiner les autres questions avec des éléments plus précis.
Anticiper une difficulté risque-t-il de me faire davantage peur ?
Anticiper peut consister à préparer des appuis : documents accessibles, interlocuteurs connus, questions notées. Vous pouvez vous limiter à l’étape suivante. Si vous vous retrouvez à multiplier les scénarios sans obtenir d’information nouvelle, revenez à la question qui peut être éclaircie maintenant.
Faut-il être calme avant d’agir ?
Une certaine appréhension peut rester présente pendant que vous préparez une demande ou cherchez du soutien. Adaptez la démarche à vos possibilités. Vous pouvez relire un message plus tard, demander un avis ou être accompagné pour une discussion importante.
Comment savoir si je devrais demander de l’aide ?
Vous pouvez demander du soutien dès que vous en ressentez le besoin. Si la souffrance persiste, s’aggrave ou gêne votre vie quotidienne, un professionnel de santé peut vous aider à examiner ce qui se passe et à trouver un accompagnement adapté.
Le prochain pas peut retrouver des contours
Le courriel est toujours là. La réorganisation demande encore des réponses. Vous avez peut-être une question à poser, un appui à solliciter et une démarche à préparer. Traverser une situation difficile peut aussi vous conduire à apprendre, progressivement, comment rester en relation avec ce que vous vivez et avec les personnes qui peuvent vous aider.

Bruno Lallement
Enseignant en méditation et auteur
Bruno Lallement enseigne la méditation depuis 1987. Sa démarche relie la compréhension, la pratique et leur intégration dans la vie quotidienne.






